
Le suicide n’est pas une fatalité. La Journée nationale de prévention du suicide du 5 février, dans la continuité de la reconnaissance de la santé mentale comme Grande cause nationale 2026, rappelle l’importance d’une prévention collective fondée sur l’écoute, le lien social et l’action publique. Si les décès par suicide en France ont globalement diminué sur le long terme, une évolution plus contrastée s’observe depuis le début des années 2020, marquée par une remontée ponctuelle puis une stabilisation récente. Cette dynamique marque toute l’importance de poursuivre et renforcer les politiques publiques engagées, en particulier celles fondées sur l’information, le repérage précoce et l’accompagnement des personnes en détresse.
La souffrance et la détresse psychologique peuvent entraîner des idées et/ou comportements suicidaires allant parfois jusqu’à la crise suicidaire, avec un risque de passage à l’acte, particulièrement chez les jeunes et les personnes âgées, des populations plus à risque.
13 pour 100 000 habitants : taux brut de suicide en 2023 en France.
8 848 décès par an en France en 2023.
≈ 200 000 tentatives de suicide par an en France.
2e cause de mortalité chez les jeunes.
≈ 135 personnes sont exposées pour chaque suicide. Parmi elles, entre 6 et 14 appartiennent à l’entourage et peuvent donc être endeuillées et plus fortement impactées.
(Sources : Santé publique France, Eurostat 2020, 6e rapport ONS 2025, Andriessen et al. 2017.Prevalence of exposure to suicide : A meta-analysis of population-based studies.)
Prévenir le suicide, un enjeu de santé publique
Le taux de suicide en France reste l’un des plus élevés d’Europe. Le suicide est pourtant, en grande majorité, évitable et sa prévention demeure une priorité de santé publique. Plusieurs études, ces vingt dernières années, ont identifié des actions permettant de diminuer la mortalité suicidaire de façon efficace.
La prévention du suicide fait partie intégrante de la Feuille de route santé mentale et psychiatrie portée par le ministère de la Santé et lancée en juin 2018. Enrichie en 2021 à l’occasion des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, elle se compose de 51 actions et sous-actions en cours de déploiement.
Intégrée à cette feuille de route, la stratégie nationale de prévention du suicide vise à coordonner, à l’échelle territoriale, un ensemble d’actions efficaces pour réduire les décès par suicide et accompagner les personnes en souffrance. Elle s’appuie sur des interventions fondées sur des données probantes, comme le maintien du contact avec les personnes après une tentative de suicide, la formation des professionnels au repérage et à l’intervention en situation de crise suicidaire, des actions pour prévenir l’effet de contagion, ainsi que la création d’un numéro national de prévention du suicide accessible 24 h/24 et 7 j/7.
En complément, la sensibilisation du grand public, la promotion de la santé mentale et la réduction de la stigmatisation sont au cœur de cette approche intégrée, avec l’objectif de faire évoluer les représentations du suicide et d’encourager le recours aux aides disponibles.
Des lignes d’écoute pour ne pas rester seul
Ne pas rester seul face à sa souffrance psychique et savoir vers qui se tourner est un axe clé de la prévention du suicide.
Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est accessible gratuitement depuis l’ensemble du territoire, 24h/24 et 7j/7. Assuré par des professionnels du soin (infirmiers ou psychologues), spécifiquement formés à des missions d’écoute, d’évaluation, d’orientation et d’intervention, il constitue une porte d’entrée vers l’ensemble des dispositifs d’aide psychologique. Ce numéro s’adresse aux personnes en souffrance psychique, à leur entourage, aux professionnels qui souhaitent obtenir des conseils et enfin aux personnes endeuillées par le suicide d’un proche.
En complément, plusieurs dispositifs d’aide à distance et d’écoute sont disponibles :
- SOS Amitié offre un service d’écoute (téléphone, chat, messagerie) bienveillant, gratuit, anonyme et confidentiel proposé par des bénévoles formés à l’écoute.
Tél. 09 72 39 40 50
Tél. 01 46 21 46 46 (English)
Tchat du lundi au dimanche de 13h à 3h du matin.
Service gratuit d’écoute par messagerie électronique.
- Fil Santé Jeunes est un service d’écoute anonyme et gratuit accessible aux 12-25 ans dispensé par des professionnels abordant plus spécifiquement les différents aspects de leur santé dont la santé mentale et le bien-être.
Tél. 0 800 235 236
Tchat individuel ouvert tous les jours de 9h00 à 22h00.
- Suicide Ecoute propose une écoute anonyme 24 heures sur 24 et 7 jours sur sept des personnes confrontées au suicide, ainsi qu’à leurs proches.
Tel : 01 45 39 40 00 (appel non surtaxé).
- SOS Suicide Phénix regroupe 6 associations qui ont à cœur la prévention du risque suicidaire et la restauration du lien social. La plateforme téléphonique nationale est ouverte tous les jours entre 13h et 23h.
Tel : 01 40 44 46 45 (prix d’un appel local)
Limiter les récidives suicidaires grâce au dispositif VigilanS
Le risque suicidaire est majoré pour les personnes ayant déjà fait une tentative. Le dispositif de recontact et d’alerte VigilanS leur est dédié. Son objectif est de maintenir le contact avec les personnes hospitalisées après une tentative de suicide en organisant un réseau de professionnels de santé qui garderont le contact.
L’outil procède en trois étapes :
- A la sortie d’hôpital, le patient reçoit la carte avec le numéro de téléphone de VigilanS qu’il pourra recontacter à tout moment en cas de besoin pour maintenir le dialogue.
- 10 à 20 jours après la sortie de l’hôpital, le patient est recontacté (son médecin traitant ou psychiatre s’il ne répond pas) pour donner des nouvelles de son état de santé. Une carte postale personnalisée ou un SMS mensuels lui sont adressés durant 4 mois.
- Au bout de 6 mois une évaluation téléphonique détaillée sur l’état de santé mentale a lieu avec le patient.
Une étude de Santé publique France a évalué l’efficacité du dispositif sur une période de 12 mois entre 2015 et 2017 en indiquant une diminution de 38 % du risque de réitération suicidaire.
Des formations pour accompagner les personnes en souffrance psychique
Soutenir et accompagner une personne de son entourage en grande souffrance psychique évoquant le suicide ou ayant des comportements suicidaires nécessite de se montrer disponible, attentif et à l’écoute. Des ressources peuvent être nécessaires pour mener à bien cette tâche.
Se former au secourisme en santé mentale apprend à repérer, écouter et accompagner une personne en difficulté. Conçue sur le modèle des « gestes qui sauvent » avec une logique d’urgence différente, cette formation est essentielle pour savoir aider : écouter, rassurer et accompagner la personne concernée vers le soin.