En quatre ans seulement, Mon espace santé, carnet de santé numérique, souverain, sécurisé et accessible à tous, permet désormais à chacun de retrouver en un seul endroit les informations essentielles pour mieux gérer sa santé et celle de ses proches – aujourd’hui les enfants, demain les personnes aidées.
Après avoir posé les bases d’un coffre-fort numérique de données de santé à la fois sécurisé, simple d’usage et largement alimenté, le service s’engage désormais dans une nouvelle dynamique : faire des données un levier de prévention personnalisée pour ses usagers et favoriser la coordination des soins en simplifiant leur consultation par les professionnels de santé.
Aujourd’hui, avec près de 97% de la population disposant d’un profil Mon espace santé, dont 24 millions de profils activés, et plus de 420 millions de documents déposés en 2025 par les professionnels et établissements de santé et du médico-social (+40% par rapport à 2024), le service a désormais atteint une maturité suffisante pour répondre à une attente partagée des acteurs du système de santé : faciliter le partage d’informations médicales pertinentes pour améliorer la qualité du suivi des patients.
Un socle commun de données au service de la coordination des soins et de la prévention
Le pari de l’alimentation de Mon espace santé, choix stratégique pour assurer l’utilisation durable de l’outil, s’inscrit dans une vision de long terme : dans un premier temps, les pouvoirs publics et l’Assurance Maladie, à travers la feuille de route du numérique en santé initiée en 2019, ont fait le choix de prioriser le déploiement de l’alimentation massive et sécurisée des données de santé, d’une part grâce à la modernisation de l’équipement des professionnels de santé via le Ségur du numérique en santé, et d’autre part avec l’ouverture automatique des profils Mon espace santé, sauf opposition, pour l’ensemble des citoyens. Ces prérequis étaient indispensables pour permettre le développement d’usages avancés de consultation ou de prévention.
Grâce à ces orientations, le service a connu une montée en charge rapide et importante dont les résultats sont visibles aujourd’hui : plus d’1 document de santé sur 2 est versé dans Mon espace santé, près de 150 000 professionnels de santé libéraux et 3 800 établissements alimentent le Dossier Médical Partagé (DMP). Au cours de l’année 2025, 70% des Français ont reçu au moins un document.
Du côté des citoyens, l’utilisation du service est entrée dans les habitudes avec 2,5 millions de personnes en moyenne qui s’y connectent chaque mois pour consulter leurs documents.
En outre, 1 utilisateur sur 3 qui visite le site web s’y rend après avoir reçu une notification (principalement suite à l’ajout d’un document), témoignant du fait que plus Mon espace santé est alimenté, plus les usagers le consultent.
Une large partie de la population s’est ainsi saisie de l’outil avec près de 40% des 25-69 ans qui ont activé Mon espace santé. Dans les prochains mois, les usages devraient s’accélérer notamment pour les personnes les plus âgées qui pourront bientôt donner la main sur leur profil à leurs aidants. Très attendue par les familles, cette évolution requiert une disposition législative pour être déployée.
Un accompagnement personnalisé des usagers dans le suivi de leur santé et leurs parcours de soins
La personnalisation du profil constitue un levier d’usage majeur pour renforcer l’appropriation de l’outil : c’est pourquoi Mon espace santé évolue progressivement pour devenir un dispositif de prévention active et ciblée, en phase avec les parcours de vie et de soins de chacun. Une série de nouveautés qui simplifient le quotidien des utilisateurs et promeuvent les bons réflexes ont ainsi vu le jour récemment ou sont prévues au cours de l’année :
- des notifications ciblées en matière de vaccination et de dépistage, et de relai des campagnes de santé publique (13 millions de notifications de prévention ont été envoyées depuis août 2025) ;
- des parcours dédiés, notamment pour accompagner les femmes enceintes tout au long de leur grossesse (+ de 80 000 futures mères ont initié ce suivi depuis son lancement en juillet 2025) ;
- un enrichissement continu du suivi de l’enfant vers un carnet de santé numérique augmenté avec des conseils adaptés en fonction de l’âge, un calendrier avec les rendez-vous clés à anticiper (vaccinations, examens obligatoires, suivi dentaire porté par le programme « M’T dents tous les ans ! »), et la possibilité de renseigner ses courbes de croissances (taille, poids, périmètre crânien) ;
- une aide à la détection des facteurs de risques de maladies chroniques, dont les pathologies cardio-vasculaires, sur la base des habitudes de vie (sommeil, alimentation, activité physique, etc.) et des mesures de santé (taux de cholestérol, mesures de glycémie etc.) ;
- un accompagnement pour ceux qui vivent déjà avec des pathologies chroniques, à commencer par le déploiement d’un parcours personnalisé pour les personnes diabétiques dès 2026.
Parce que Mon espace santé se construit avec et pour les usagers, ces nouvelles fonctionnalités sont issues du fruit des travaux menés avec le Comité citoyen du numérique en santé de 2022. Sa recommandation a permis de définir les principes clés qui doivent régir Mon espace santé : une prévention personnalisée, transparente et respectueuse du consentement, reposant sur des sources scientifiques fiables.
Avec la volonté de rester à l’écoute des utilisateurs, une expérimentation s’est également déroulée, entre octobre 2024 et mars 2025, auprès de personnes vivant avec des maladies chroniques (patients souffrant de diabète, de la maladie de Parkinson et d’insuffisance rénale) afin d’avoir leurs retours pour améliorer Mon espace santé et son accompagnement. Une autre expérimentation est en cours auprès de femmes au sein de maternités pour faciliter l’alimentation de Mon espace santé au plus près de la naissance des enfants.
L’utilisation des données de santé exigeant un haut niveau de sécurité, le catalogue de services de Mon espace santé évolue pour permettre, avec l’accord de l’usager, de partager de manière sécurisée des informations et documents entre Mon espace santé et certains services référencés externes en évitant d’avoir à les compléter plusieurs fois. Depuis septembre 2025, une première application référencée peut alimenter Mon espace santé avec les données de glucose de ses utilisateurs diabétiques. Une nouvelle doctrine d’échange de données a été publiée en novembre 2025, à destination des éditeurs pour préciser le cadre et des modalités de collaboration resserrées avec les eux.
Prochaine étape : faciliter la consultation des documents par les professionnels de santé pour favoriser l’accès à une information pertinente dans leur pratique
Le programme Ségur du numérique en santé, qui vise à rendre les logiciels des professionnels de santé interopérables et ergonomiques pour partager les données de santé, a déjà permis de généraliser l’envoi fluide et sécurisé de documents vers Mon espace santé (via le Dossier Médical Partagé).
Grâce à la première vague de mise à jour déployée sur le terrain fin 2023, la grande majorité des professionnels alimente aujourd’hui Mon espace santé en routine :
- 2 médecins de ville sur 3 versent des documents ;
- 90% des établissements de santé y transmettent des documents, avec notamment 2 lettres de liaison sur 3 qui sont ainsi envoyées systématiquement ;
- près de 40% des comptes rendus d’examen de biologie et d’imagerie y sont déposés ;
- 75% des vaccinations effectuées par les pharmaciens y sont renseignées.
Chaque mois, près de 70 000 professionnels de santé, dont 38 000 médecins libéraux, consultent déjà les dossiers médicaux de leurs patients. Les attentes sont toutefois fortes pour améliorer l’ergonomie et la fluidité de navigation, directement depuis leurs logiciels métiers.
De fait, l’enjeu est désormais de permettre aux professionnels de consulter plus facilement les informations clés utiles à la prise en charge de leurs patients et de mieux se coordonner entre eux, en leur faisant gagner du temps médical.
C’est l’objectif de la deuxième vague du Ségur du numérique, qui vient compléter les acquis de la première. Elle concernera dans un premier temps la médecine de ville, l’imagerie médicale et les établissements de santé.
Cette nouvelle mise à jour de leurs logiciels permettra aux professionnels d’exploiter rapidement et facilement les informations les plus pertinentes, à travers une consultation et un filtrage améliorés, avec un minimum de saisie à réaliser. L’objectif est également de simplifier le versement de documents courants dans Mon espace santé comme les documents de vaccination ou les comptes rendus des examens obligatoires de l’enfant. Le niveau de sécurité des logiciels de dossier patient mis à jour sera également renforcé.
Son déploiement auprès de la médecine de ville, de l’imagerie médicale et des établissements de santé se déroulera progressivement de 2026 jusqu’à mi-2028. Il concernera ensuite les autres professionnels de santé, notamment les sages-femmes et les auxiliaires médicaux.
Pour Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées :
« Mon espace santé est au cœur d’une ambition nationale forte portée à haut niveau depuis 2019.
Faire de ce service un service public, gratuit, universel et souverain est nécessaire dans le contexte géopolitique actuel. Disposer d’un service public numérique pour gérer nos données les plus sensibles est un vrai actif stratégique qui renforce notre autonomie. Nous sommes convaincus que Mon espace santé sera un levier puissant de transformation de notre système de santé. Son objectif est donc de pouvoir fluidifier les parcours de prise en charge, soutenir une prévention plus personnalisée, accompagner les assurés dans leurs parcours de santé et aider les professionnels dans leur exercice médical. »
Pour Thomas Fatôme, directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance maladie, dont les équipes assurent le pilotage national du déploiement de Mon espace santé : « Mon espace santé a franchi une étape décisive : après avoir structuré et généralisé le partage des données de santé, il s’attache désormais à faciliter leur consultation et leur utilisation, au plus près des pratiques des professionnels de santé et des besoins des assurés. Il s’étend chaque jour à de nouveaux assurés, confirmant ainsi notre ambition de dépasser le cap de 40 millions de profils activés d’ici à deux ans. En parallèle, des travaux sont engagés pour permettre une recherche et une synthèse des documents essentiels, en facilitant l’accès aux informations les plus utiles à la prise de décision médicale. Ces réflexions intègrent l’assistance par intelligence artificielle à la lecture et à la synthèse des dossiers, dans un cadre strictement sécurisé. Cette démarche est menée en étroite collaboration avec les professionnels de santé via un « Club utilisateurs » de médecins libéraux qui partagent, une fois par trimestre, leurs retours et besoins concernant les services numériques proposés par l’Assurance maladie pour nourrir leurs évolutions. »
Pour Hela Ghariani, coresponsable du numérique en santé au ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités (DNS) qui coordonne la mise en œuvre de la feuille de route du numérique en santé :« Mon espace santé incarne cette alliance inédite entre pouvoirs publics, acteurs de santé, entreprises et associations de patients, au service de la santé. Ensemble, nous avons enfin mis à disposition de tous nos concitoyens un carnet de santé numérique pour avoir ses données de santé à portée de main quand on va voir son médecin. Des premiers pas sont déjà en place pour en faire un outil au service de la prévention en santé. En 4 ans, on a vraiment changé de monde mais on a encore énormément de travail à mener collectivement pour que l’accès à la donnée de santé soit simple et sécurisé, pour les professionnels et les patients. Pour y arriver, on reste à l’écoute des acteurs de santé et des éditeurs du secteur et on travaille d’arrache-pied avec les équipes du ministère et de l’Assurance Maladie, convaincus de l’impact majeur de ce service pour notre système de santé »
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