
A compter du 1er janvier 2026, plusieurs mesures entrent en vigueur pour renforcer la prévention en santé, l’accès aux soins et la qualité de vie des usagers. Ces évolutions traduisent l’engagement du ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées pour protéger et promouvoir la santé de chacun au quotidien.
1. Entrée en vigueur d’une nouvelle taxe sur les boissons sucrées
Au 1er janvier 2026, une nouvelle taxe sur les boissons édulcorées, modifiée par la loi de financement de la sécurité sociale 2025, entre en vigueur en France. Alors que la taxe était précédemment basée sur la présence, ou non, d’édulcorant avec une contribution fixe, la nouvelle taxe sera désormais modulée selon la teneur en édulcorant. Elle prévoit ainsi un barème progressif et une contribution variable basés sur la quantité d’édulcorants présents dans les sodas (en kg par hectolitre) : 4,5 € par hectolitre pour les produits contenant une quantité d’édulcorants de synthèse inférieure ou égale à 120 milligrammes par litre et à 6 € par hectolitre pour les autres produits contenant des édulcorants de synthèse.
L’objectif visé est d’améliorer encore son pouvoir incitatif pour limiter leur usage en substitution du sucre et permettre ainsi aux consommateurs de faire des choix alimentaires plus favorables à la santé.
2. Une nouvelle version pour le carnet de maternité
L’arrêté fixant le nouveau modèle de carnet de maternité a été publié le 24 décembre 2025. Il prévoit l’entrée en vigueur d’une nouvelle version au 1er mars 2026 pour suivre les recommandations du Haut Conseil de la santé publique.
Cet outil clé de prévention et de coordination des soins, prévu par le Code de la santé publique, accompagne la femme de la grossesse au post-partum. Il délivre des informations et conseils de prévention, des éléments médicaux partagés entre la femme enceinte et les professionnels de santé qui la suivent tout au long de son parcours, ainsi que des ressources utiles. Le carnet maternité est remis gratuitement par le Conseil départemental à la femme lors du premier examen prénatal (soit avant la fin du 3e mois de grossesse).
Confidentiel et protégé par le secret médical, il doit être conservé par la femme enceinte et présenté à chaque consultation.
Pour en savoir plus : Le carnet de maternité
3. Elargissement des compétences des infirmiers
Le décret du 24 décembre 2025 élargit les compétences des infirmières qui peuvent désormais initier des soins relevant de leur rôle propre sans prescription préalable dans un cadre de complémentarité et de façon coordonnée, mais aussi réaliser des consultations infirmières comprenant un bilan clinique, un diagnostic infirmier et un plan de soins infirmiers personnalisé.
Le texte introduit aussi la possibilité de prescrire certains produits de santé et examens complémentaires dans un cadre réglementé et concerté, ainsi que la prise en charge autonome de plaies simples.
Enfin, il renforce leur place dans la coordination des parcours, la prévention, l’éducation à la santé et la vaccination, affirmant l’accès direct aux soins infirmiers et une reconnaissance professionnelle accrue.
4. Lancement d’une expérimentation contre la soumission chimique
Dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes, un décret prévoit le lancement d’une expérimentation relative à la lutte contre la soumission chimique au 1er janvier 2026. Déployée dans les régions Hauts-de-France, Ile-de-France, Pays de la Loire et Guadeloupe* pour trois ans, l’initiative prévoit le remboursement des examens de biologie médicale permettant de détecter un état de soumission chimique, et ce sans qu’il soit nécessaire de déposer une plainte au préalable. Toute personne munie d’une ordonnance prescrite par un médecin mentionnant la recherche de substances impliquées dans la soumission chimique pourra se rendre dans un laboratoire de biologie médicale. Les analyses seront effectuées dans des laboratoires spécialisés en toxicologie et pourront être mobilisées, le cas échéant, dans un cadre judiciaire.
Cette expérimentation s’appuie sur l’expertise du Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (CRAFS).
* L’application en Guadeloupe résulte de l’adoption du PLFSS pour 2026 et se fera avec un léger décalage dans le temps
Pour en savoir plus : consultez le communiqué de presse et la foire aux questions.
5. Amélioration de la prise en charge des prothèses capillaires
A compter du 1er janvier 2026, dans le cadre du 100 % santé, la prise en charge des prothèses capillaires est renforcée. L’entrée en vigueur d’une nouvelle nomenclature, publiée au Journal officiel, modifie la nomenclature actuelle. Les prothèses capillaires sont désormais réparties en 4 classes selon leur composition et leur qualité. L’amélioration de la base de remboursement par l’Assurance maladie permet permet aux classes I et II d’être intégralement prises en charge, et aux classes III et IV de bénéficier d’une prise en charge plus élevée qu’aujourd’hui, réduisant encore le coût du reste à charge des patients.
Fruit d’un travail de concertation avec les professionnels du secteur et les associations, cette réforme améliore l’accès à des prothèses de meilleure qualité, plus confortables et esthétiques tout en réduisant les inégalités dans les parcours de soins.
Pour en savoir plus : consultez le communiqué de presse
6. Renforcement du contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine
Le contrôle sanitaire de l’eau du robinet est assuré par l’Agence régionale de santé (ARS), en complément de la surveillance réalisée par le responsable de la production ou de la distribution. Il vise à s’assurer du respect de la réglementation en matière de sécurité sanitaire, notamment par l’inspection des installations, l’évaluation des mesures de sécurité sanitaire et la mise en œuvre d’un programme d’analyses de la qualité de l’eau. Ces analyses sont réalisées par un laboratoire agréé, choisi par l’ARS, et financées par le responsable de la production ou distribution de l’eau.
À partir de janvier 2026, le contenu du programme d’analyses, ses modalités d’adaptation et les fréquences de prélèvement et d’analyse de l’eau seront profondément révisés pour s’aligner sur le cadre européen. La liste des paramètres suivis évolue également en intégrant de nouveaux contaminants (PFAS, acides haloacétiques) et la mise en place d’une vigilance sur certains paramètres non réglementés. L’ensemble des acteurs est mobilisé pour déployer ce nouveau dispositif.
Pour en savoir plus : consultez l’article
7. Un registre national des cancers pour mieux prévenir et mieux soigner
La Loi du 30 juin 2025 a prévu la mise en place d’un registre national des cancers au 1er janvier 2026 pour renforcer la prévention, le dépistage et la prise en charge des patients sur l’ensemble du territoire. Ce registre doit recenser l’ensemble des cas de cancers en France en rassemblant des informations issues de différentes sources du système de santé, comme les registres existants, les données de soins, de dépistage, cliniques ou biologiques.
Les données collectées sont traitées de manière strictement encadrée et sécurisée, dans le respect de la confidentialité et de la protection des données personnelles. Leur exploitation permettra de mieux comprendre l’évolution des cancers, de suivre les parcours des patients avant, pendant et après les soins, et d’identifier d’éventuelles inégalités entre les territoires ou les populations.
Piloté par l’Institut national du cancer, ce registre constitue un outil essentiel pour renforcer la prévention, améliorer les politiques de dépistage, évaluer la qualité des prises en charge et soutenir la recherche. Il contribuera ainsi à éclairer les décisions publiques et à améliorer durablement la santé des populations.
Pour en savoir plus : consultez la Loi n°2025-596 du 30 juin 2025 visant à mettre en place un registre national des cancers
8. Revalorisation de certaines consultations médicales et soins de santé
A compter du 1er janvier 2026, plusieurs revalorisations des actes et consultations de santé entrent en vigueur pour améliorer l’accès aux soins et mieux reconnaître l’engagement des professionnels de santé.
Une revalorisation des consultations médicales ciblées sur certaines spécialités (pédiatrie, gériatrie, psychiatrie, gynécologie médicale, dermatologie et urgences) est prévue, ainsi que des revalorisations transversales sur les actes techniques. Par ailleurs, des majorations spécifiques s’appliquent aux consultations longues assurées par les médecins traitants aux patients de plus de 80 ans et aux visites à domicile réalisées dans le cadre de la permanence des soins ou du service d’accès aux soins (SAS).
Le 1er janvier 2026 marque aussi l’entrée en vigueur du nouveau forfait unique versé par l’Assurance maladie à chaque médecin généraliste en fonction de la taille de sa patientèle et des caractéristiques de celle-ci. L’ensemble des revalorisations des médecins libéraux entrant en vigueur début 2026, prévues par la convention de 2024, représentent une dépense supplémentaire annuelle de 350 M€ pour l’Assurance maladie, dépense qui était prévue dans le PLFSS 2026 et est rendue possible par l’adoption du texte.
L’entrée en application de l’avenant 21 à la convention avec les orthophonistes libéraux permet la généralisation de la plateforme « Prévention et soins en orthophonie » pour mieux réguler les soins d’orthophonie de ville.
Plusieurs mesures prennent également effet pour les chirurgiens-dentistes libéraux, dans la continuité de la nouvelle convention dentaire de 2023, afin de renforcer la prévention et l’accès aux soins bucco-dentaires.
Pour en savoir plus : consultez le site de l’Assurance maladie