À l'occasion de la Coupe du monde de football masculin 2026, Santé publique France et le ministère en charge de la Santé, relancent leur campagne nationale de prévention « Parier, c'est pas rien ». L'objectif ? Sensibiliser les jeunes adultes aux dangers des paris sportifs, une pratique en forte hausse et particulièrement addictive, et débanaliser leur usage dans un contexte où leur normalisation s'accélère.

Les paris sportifs : un phénomène en expansion

Les paris sportifs connaissent un essor important en France :

  • depuis 2019, les paris sportifs représentent la 2ème forme de jeu la plus pratiquée, derrière les jeux de loterie ;
  • le risque de jeu problématique est plus élevé pour les paris sportifs que pour les autres formes de jeux d'argent et de hasard : celui-ci concerne environ 15 parieurs sur 100 ;
  • 64% des parieurs sportifs ont entre 18 et 34 ;
  • plus de 5 millions de comptes actifs en 2025 avec 2 186€ de mise moyenne annuelle par compte ;
  • l'addiction aux jeux d'argent et de hasard est en augmentation, ainsi que les demandes d'interdiction volontaires de jeux qui ont augmenté de près de 26% entre 2023 et 2024.

Particulièrement addictifs, les paris sportifs peuvent avoir d'importantes conséquences sanitaires et sociales : surendettement, problèmes familiaux, isolement social, suicide, comorbidités psychiatriques, autres addictions avec substances, mais aussi coûts psychologiques pour l'entourage. Bien que la plupart des risques liés aux jeux d'argent peuvent être connus par une majorité de joueurs, ils sont souvent mis à distance par les parieurs sportifs, qui considèrent que les paris relèvent davantage de l'habileté, plutôt que du hasard.

Face à l'addiction aux paris sportifs : que faire ?

Les addictions comportementales ou « addictions sans substance » se caractérisent par l'impossibilité de contrôler la pratique d'une activité. Celle-ci est reconnue comme une pathologie par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui la définit comme définit comme un comportement de jeu répétitif ou persistant qui devient si important qu'il prend la priorité sur les autres intérêts de la vie, malgré les conséquences négative.

Joueurs Info Service : un dispositif d'écoute

Il est essentiel qu'un joueur ou son entourage puisse parler, librement, de ce qu'elle vit ou a vécu, à des personnes de confiance qu'il s'agisse de l'entourage familial, amical ou auprès de structures d'écoute. Parmi ces structures, Joueurs Info Service, joignable au 09 74 75 13 13 (appel anonyme et non surtaxé, 7j/7 de 8h à 2h) ou sur Joueurs Info Service pour trouver conseils, tests d'auto-évaluation et aide.

Une campagne pour sensibiliser aux risques

Compte tenu des répercussions sur la santé physique et mentale qui peuvent résulter de l'addiction jeux d'argent et de hasard (dont les paris sportifs), le ministère en charge de la Santé et Santé publique France rediffusent leur campagne « Parier, c'est pas rien », du 24 juin au 19 juillet 2026, afin de révéler les mécanismes d'addiction et montrer les conséquences réelles.

La campagne se base sur des témoignages d'anciens parieurs et de leurs proches pour illustrer l'impact sur leur vie quotidienne. Elle s'appuiera également sur des paroles d'experts addictologues décryptant les mécanismes et mettant en avant les ressources disponibles pour en savoir plus et obtenir de l'aide. La campagne d'affichage sera également diffusée dans les métros et les gares de France, avec le slogan « À trop vouloir gagner, on finit toujours par perdre ».

A lire également :