Dans le cadre de la Feuille de route 2026-2030 pour la « Prise en charge des personnes en situation d’obésité » lancée en janvier 2026 [1], l’accès aux nouvelles thérapeutiques médicamenteuses, commercialisées depuis 2024, a évolué pour permettre leur remboursement aux patients adultes en situations d’obésité les plus sévères, réservant la première prescription à des professionnels spécialisés au sein d’un parcours de soins structuré. Cette feuille de route tient de compte des recommandations de bonnes pratiques ainsi que le guide parcours de soin [2] pour l’initiation et le suivi de ces traitements (recommandations HAS 2022 [3] et 2024 [4] ainsi que la prise de position des sociétés savantes [5]).
Foire aux questions
Les médicaments à base d’analogues du GLP-1 sont indiqués en traitement de seconde intention dans le contrôle du poids après une prise en charge nutritionnelle globale d’au moins 6 mois (sur le plan alimentaire, comportemental, et activité physique adaptée et lutte contre la sédentarité) et en association avec un régime hypocalorique et une activité physique, si les conditions suivantes sont respectées :
- Chez l’adulte : présenter un IMC initial ≥ 30 kg/m² (obésité), ou un IMC compris entre 27 et 30 kg/m² associé à au moins une comorbidité liée au poids ;
- Chez l’adolescent (12 ans et plus) : présenter une obésité et un poids supérieur à 60 kg.
Ces traitements ne doivent pas être prescrits à des fins esthétiques chez des personnes ne présentant ni surpoids ni problèmes de santé associés, sous peine de risques d’effets indésirables graves.
Pour plus de détails sur les posologies et les précautions d’emploi, se référer au Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) de la spécialité concernée.
Ces médicaments, dans l’indication contrôle du poids, doivent être prescrits par un médecin et sont dispensés en pharmacie.
À compter du 15 juin 2026, deux spécialités pharmaceutiques (Wegovy® et Mounjaro®) indiquées dans le contrôle du poids seront prises en charge par l’Assurance Maladie sous réserve de respecter les critères d’éligibilité suivants) :
- Adulte avec un IMC initial [6] ≥ 40 kg/m²
- Adulte avec un IMC initial ≥ 35 kg/m² : en présence d’au moins une comorbidité sévère associée (liste détaillée à la question 3 de ce document).
La liste des co-morbidités est la suivante :
- un diabète de type 2 ;
- une HTA nécessitant un traitement médicamenteux ;
- une hypertriglycéridémie > 5 g/L (contrôlée à plusieurs reprises, en dehors de toute consommation d’alcool et en dehors du déséquilibre d’un diabète de type 2) et résistante au traitement habituel comprenant les mesures nutritionnelles ;
- une stéatohépatite non alcoolique (NASH) ou une fibrose hépatique (quel que soit le stade de la fibrose jusqu’au stade de cirrhose Child A, après accord avec l’hépatologue). La stéatose isolée n’est pas une comorbidité retenue pour l’indication de TMO (traitement médicamenteux de l’obésité) ;
- un syndrome des ovaires polykystiques chez la patiente en âge de procréer ;
- un problème de fertilité masculine ou féminine avec un projet d’AMP, sur proposition de l’équipe d’AMP ;
- une maladie rénale chronique (jusqu’au stade d’IRC modérée : stade 3A ou 3B) après avis du néphrologue, voire une insuffisance rénale sévère ou terminale avec un projet de transplantation rénale. Dans ce dernier cas, la décision doit être discutée au cas par cas de façon collégiale avec l’équipe de transplantation ;
– un syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) avec un IAH ≥ 15/h ;
– un asthme sévère en lien avec l’obésité après avis d’un pneumologue, d’un ORL et/ou d’un allergologue ;
– des lombalgies chroniques, une coxarthrose, une gonarthrose, invalidantes documentées, après avis rhumatologique et/ou orthopédique confirmant les bénéfices attendus par la perte de poids ;
– une incontinence urinaire invalidante ne répondant pas aux modifications thérapeutiques du mode de vie associées aux traitements médicamenteux de l’incontinence urinaire et si besoin de la constipation, après confirmation par un gynécologue ou un urologue que la perte de poids est susceptible d’améliorer les troubles urinaires ; - une hernie pariétale ou une éventration symptomatique ou complexe dont le traitement chirurgical impose une perte de poids avant la chirurgie pariétale ;
- une hypertension intracrânienne idiopathique résistant à une prise en charge neurologique bien conduite ;
- la présence d’un handicap moteur avec ou sans paraplégie, après avis d’un médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR) ou d’un neurologue.
Pour bénéficier du remboursement de ces traitements par l’Assurance Maladie, la prescription doit s’inscrire dans un parcours de soins global et strictement encadré.
Le patient doit remplir simultanément l’ensemble des conditions suivantes :
→ Être âgé de plus de 18 ans.
→ Être en situation d’échec d’une prise en charge nutritionnelle c’est à dire avoir suivi une prise en charge nutritionnelle bien conduite pendant au moins six mois. L’échec se définit par une perte de poids insuffisante (inférieure à 5 % de votre poids initial) à l’issue de cette période.
→ Répondre aux critères d’éligibilité à une prise en charge : cela concerne notamment l’Indice de Masse Corporelle (IMC) associé ou non à la présence éventuelle de pathologies associées à l’obésité (pour le détail des critères, cf. question 2).
→ Respecter le parcours de prescription : la première ordonnance (prescription initiale) doit être rédigée par un médecin expert dans la prise en charge de l’obésité (liste détaillée dans la question 5).
→ Fournir le justificatif d’accompagnement à la prescription fournis par votre médecin au pharmacien à chaque dispensation (cf. question 5 et 6).
Pour que ces traitements soient remboursés par l’Assurance Maladie, ils doivent obligatoirement s’inscrire dans un parcours de soins spécifique et gradué. Une des conditions concerne la première ordonnance (prescription initiale), qui doit impérativement être rédigée par un prescripteur habilité (détaillé plus loin). Ces prescripteurs sont des médecins impliqués dans la prise en charge de l’obésité sévère ou complexe (niveaux de recours 2 et 3).
Sont ainsi exclusivement habilités à initier une prescription de ces traitements, en vue d’une prise en charge :
1/ Les médecins spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition (spécialité EDN ou anciennement EDMM), médecins compétents en nutrition (médecin titulaire d’un DESC, d’une FST appliquée ou d’une VAE nutrition), chirurgiens bariatriques titulaires du DIU de chirurgie de l’obésité exerçant dans les structures suivantes :
- Un Centre Spécialisé de l’Obésité (CSO).
- Une Structure de Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR) mention « gastro-entérologie, endocrinologie, diabétologie, nutrition ».
- Un CHU.
2/ Les médecins experts impliqués dans la prise en charge de l’obésité suivants :
- Les médecins coordinateurs de Parcours Coordonné Renforcé (PCR) « Obésité complexe ».
- Les médecins spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition (spécialité EDN ou anciennement EDMM). Dans ce cas, le prescripteur doit exercer en lien avec un CSO. La formalisation de ce lien avec un CSO passe par l’existence d’une charte entre le spécialiste en endocrinologie et le CSO ou par une activité médicale en cours (au moins partielle) en CSO.
Lors de l’initiation d’un traitement médicamenteux à base d’analogues de GLP1, le prescripteur remet au patient un justificatif d’accompagnement à la prescription qui confirme l’éligibilité à une prise en charge par l’assurance maladie au regard de la liste des indications prises en charge et de la qualité du prescripteur.
Une fois le traitement médicamenteux initié par l’un de ces spécialistes, le renouvellement des ordonnances (prescriptions) et le suivi pourra ensuite être effectué par tout autre médecin, comme le médecin traitant.
Un dispositif d’accompagnement à la prescription des médicaments indiqués dans le contrôle du poids à base d’analogues du GLP-1 s’appliquera dès le 15 juin 2026. Il vise à aider le prescripteur à évaluer si le médicament prescrit sera remboursé pour son patient.
Lors de la prescription initiale des médicaments indiqués dans le contrôle du poids à base d’aGLP-1, le prescripteur renseigne un rapide formulaire reprenant quelques questions simples permettant de vérifier les critères d’éligibilité et s’assurer que le médicament prescrit est bien remboursable. Sans ce document dûment rempli et remis au patient avec l’ordonnance, aucun remboursement ne pourra être effectué.
Le patient doit conserver le justificatif d’accompagnement à la prescription pour le présenter à l’officine à chaque dispensation. Il est possible de l’enregistrer dans son espace santé. Le prescripteur peut l’enregistrer dans le dossier médical partagé (DMP) du patient afin que celui-ci puisse le retrouver dans Mon espace santé à chaque fois qu’il se présentera en officine.
Si la prescription est associée à une non-éligibilité au remboursement, le prescripteur peut la maintenir en portant la mention « non remboursable » ou « NR » sur l’ordonnance et en informant son patient que le traitement ne sera pas pris en charge par l’Assurance Maladie.
En l’absence de formulaire ou en cas de non-éligibilité au remboursement, le pharmacien peut dispenser le médicament mais le patient ne sera pas remboursé.
Le justificatif d’accompagnement doit être renseigné par le prescripteur une seule fois par patient, en privilégiant la saisie dématérialisée via le téléservice de l’Assurance Maladie sur amelipro. Si l’équipement ne le permet pas, la version papier peut être utilisée.
Si vous étiez déjà traité par Wegovy® ou Mounjaro® avant le 15 juin 2026, vous devez obligatoirement obtenir un justificatif d’accompagnement à la prescription pour pouvoir bénéficier d’un remboursement pour les dispensations postérieures au 15 juin 2026.
Ce document doit être établi par un médecin spécialiste habilité (cf. question 5). Si le patient ne dispose pas de ce formulaire, il est nécessaire de contacter son médecin spécialiste pour régulariser sa situation.
Le patient doit par ailleurs remplir les critères cliniques de prise en charge au moment où a été initié son traitement par Wegovy® ou Mounjaro® même si cette initiation est antérieure au 15 juin.
Quel justificatif d’accompagnement doit être renseigné pour permettre une prise en charge ?
Un justificatif d’accompagnement à la prescription correspondant à l’indication thérapeutique considérée doit être présenté par le patient à l’officine à chaque dispensation pour permettre une prise en charge.
Dans le cas d’un patient pris en charge à la fois pour un diabète mais également pour le contrôle du poids un seul des deux justificatifs d’accompagnement à la prescription est nécessaire.
Quelle doit être la qualification du prescripteur pour permettre la prise en charge ?
Afin de respecter le parcours de prescription : la première ordonnance (prescription initiale) doit être rédigée par un médecin spécialiste de l’obésité dans le cas d’une prise en charge pour le contrôle du poids et par tout médecin dans le cas d’une prise en charge pour le diabète.
La prescription de ces spécialités pharmaceutiques à base d’analogues du GLP-1 indiquées dans le contrôle du poids ou le diabète s’effectue sur une ordonnance classique (elles ne relèvent pas du dispositif des médicaments d’exception).
Un justificatif d’accompagnement à la prescription correspondant à l’indication thérapeutique considérée doit être présenté par le patient à l’officine à chaque dispensation pour permettre une prise en charge.
[2] https://www.has-sante.fr/jcms/p_3408871/fr/guide-du-parcours-de-soins-surpoids-et-obesite-de-l-adulte
[3] https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-06/reco369_recommandations_obesite_2e_3e_niveaux_preparation_mel_v4_2.pdf
[4] https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-02/reco369_recommandations_obesite_2e_3e_niveaux_ii_cd_2024_02_08_preparation_mel.pdf
[5] https://www.obesitefrance.fr/actualites/prise-de-position-nationale-sur-les-traitements-medicamenteux-de-lobesite-et-leur-accompagnement-en-pratique
[6] IMC initial : correspondant à l’IMC du patient lors de la prescription initiale de Wegovy® ou Mounjaro®, quel que soit son statut de remboursement (cf. question 8).