Retrouvez l’ensemble des questions liées à la situation sanitaire sur l’hantavirus Andes

Un foyer épidémique d’hantavirus andes est survenu sur le navire de croisière MV HONDIUS de pavillon néerlandais dans l’Atlantique sud avec à son bord 149 passagers de 23 nationalités. Les autorités sanitaires françaises sont mobilisées, en coordination étroite avec l’Union européenne sous l’égide de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

L’organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre européen pour la prévention des maladies (ECDC) considèrent que le risque associé à cette situation est faible en population générale et modéré pour les croisiéristes.

Des recommandations relatives à la prise en charge des ressortissants français présents sur le navire, à leur arrivée sur le territoire national, et des personnes contacts ont été élaborées en lien avec les experts nationaux et internationaux.

Un suivi de ces personnes est mis en œuvre par les agences régionales de santé (ARS) en lien avec Santé publique France (SpF).

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Le 2 mai dernier, un groupe de passagers présentant une maladie respiratoire sévère nommée hantavirus andes à bord du navire de croisière MV Hondius a été signalé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’apparition des symptômes s’est produite entre le 6 et le 28 avril 2026 chez plusieurs passagers et s’est caractérisée par de la fièvre, des symptômes gastro-intestinaux, une progression rapide vers une pneumonie, un syndrome de détresse respiratoire aiguë et un état de choc.

Au 12/05/2026, 11 cas sont confirmés biologiquement. 3 décès sont rapportés. Les séquençages réalisés pour ces cas ont permis d’identifier la souche Andes.

Cinq ressortissants français étaient présents à bord de ce navire. Ces personnes ont été rapatriées sur le territoire français le dimanche 10 mai. Une d’entre-elles a présenté des symptômes pendant le vol et a été hospitalisée pour prise en charge et isolement. Les résultats de la PCR sont positifs, il s’agit donc désormais d’un cas confirmé, hospitalisé en isolement au sein de l’établissement de santé de référence REB (Risque Epidémique et Biologique).

Les quatre autres, asymptomatiques, ont été placés en quarantaine en milieu hospitalier durant 15 jours le temps d’une évaluation complète et de la réalisation de prélèvements nécessaires. Les résultats des premières PCR pour ces 4 personnes sont négatifs. Une réévaluation à l’issue des résultats de prélèvements complémentaires permettra de définir la durée du maintien en hospitalisation (15 jours minimum et jusqu’à la durée maximale d’incubation de la maladie soit 42 jours). Des recommandations ont été transmises aux Agences régionales de santé (ARS) pour le suivi de ces personnes rapatriées mais également pour les personnes contacts d’un cas confirmé ou probable.

Les hantavirus sont des virus transmis par des rongeurs infectés, principalement par inhalation de poussières contaminées par leurs urines ou leurs excréments. Il s’agit d’une maladie rare mais grave, pouvant être mortelle. Chez l’homme, certains hantavirus provoquent deux types de maladies : 

  • Fièvre hémorragique avec syndrome rénal (surtout en Europe et en Asie)
  • Syndrome cardio-pulmonaire (surtout en Amérique, plus grave)

Il existe 140 types d’hantavirus, présents sur tous les continents, parmi lesquels le virus Andes.

Le virus Andes, présent en Amérique du Sud, se distingue par une capacité rare de transmission interhumaine lors de contacts étroits et prolongés. Après une incubation pouvant aller d’une à six semaines, l’infection débute généralement par un syndrome pseudo-grippal associant fièvre, courbatures et fatigue. Les formes graves peuvent évoluer vers une atteinte rénale ou une détresse respiratoire sévère.

A ce stade, nous ne sommes pas face à un virus présentant une circulation diffuse dans la population.

La transmission interhumaine (en dehors de la transmission au cours de transfusion sanguine) n’a été décrite que pour une seule espèce d’hantavirus. Il s’agit de l’hantavirus sud-américain Andes qui a été transmis de patients à des proches mais également à du personnel soignant ou à des visiteurs de patients hospitalisés. La période de transmission virale la plus à risque de ce virus est la phase prodromique de la maladie, alors que le malade n’est souvent pas encore hospitalisé. Ce sont donc les proches qui sont les plus exposés, surtout lors de contacts très étroits (contact sexuel en particulier) ou de moment de vie dans des espaces confinés (chambre, véhicule). 

Il n’existe pas de traitement spécifique validé : la prise en charge est surtout symptomatique, même si certaines pistes (ribavirine, anticorps, icatibant) montrent des résultats prometteurs.

Les 5 français présents à bord du navire ont été rapatriés le 10 mai.

Parmi eux, un cas, symptomatique, a été testé positif le 11 mai et est hospitalisé en isolement au sein de l’établissement de santé de référence REB (Risque Epidémique et Biologique).

Les 4 autres passagers ont été placées en quarantaine en milieu hospitalier. Les résultats des premières PCR pour ces personnes sont négatifs. Une réévaluation à l’issue des résultats de prélèvements complémentaires permettra de définir la durée du maintien en hospitalisation. Cette quarantaine est observationnelle dans un premier temps et consiste à mesurer les constantes (prise de température) et rechercher les symptômes, chaque jour. Cela permet, en cas de symptômes, de faire un test PCR et de réagir vite dans la prise en charge. Une réévaluation à l’issue des résultats de prélèvements complémentaires permettra de définir la durée du maintien en hospitalisation. L’isolement hospitalier strict est de 15 jours minimum et jusqu’à 42 jours avec une réévaluation de la situation.

Des opérations de contact tracing ont été engagées sur plusieurs trajets aériens internationaux, en particulier autour

  • D’un vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg, identifié comme un évènement d’exposition important. 8 ressortissants français non-croisiéristes ont notamment été identifiés comme contacts d’un cas confirmé sur ce vol. Des tests diagnostic ont été réalisés et l’ensemble des résultats s’est révélé négatif au 8 mai.
  • D’un vol entre Johannesburg et Amsterdam, 14 passagers ont été identifiés comme contacts d’un cas confirmé sur ce second vol.

Pour les personnes contacts à haut risque, une quarantaine hospitalière stricte a été décidée durant 15 jours et possiblement jusqu’à 42 jours au sein d’un établissement de santé de référence. Ils bénéficieront d’investigations complémentaires, notamment PCR et sérologies réalisées par les laboratoires de référence.

Un arrêté ministériel, pris sur le fondement des articles L.3131‑1 et suivants du code de la santé publique, a été publié le 10 mai au journal officiel de la république française afin de permettre la mise en œuvre de mesures temporaires de quarantaine, de surveillance sanitaire et, le cas échéant, d’isolement des personnes concernées, dans un objectif de protection de la santé publique.

À ce stade, un unique cas confirmé d’infection à hantavirus Andes a été identifié sur le territoire national, issu de la croisière sur le MV Hondius, il s’agit donc d’un premier cas importé en France. Il n’existe pas de circulation communautaire connue. En conséquence, aucune mesure de dépistage ou de prise en charge spécifique n’est recommandée en population générale.

À ce stade, un unique cas confirmé d’infection à hantavirus Andes a été identifié sur le territoire national, issu de la croisière sur le MV Hondius, il s’agit donc d’un premier cas importé en France. Il n’existe pas de circulation communautaire connue. En conséquence, aucune mesure de dépistage ou de prise en charge spécifique n’est recommandée en population générale.

  • Selon l’OMS, le risque pour la population mondiale lié aux infections à hantavirus demeure faible. Les cas restent rares, la transmission se fait principalement par l’exposition aux rongeurs, et la transmission interhumaine n’a été observée que de manière exceptionnelle, essentiellement avec le virus Andes dans des contextes de contacts étroits et prolongés. L’OMS continue toutefois de suivre la situation et actualisera son évaluation si de nouvelles informations le justifient.
  • Selon l’évaluation du risque présentée par l’ECDC lors du HSC du 6 mai 2026, la transmission interhumaine du virus Andes (ANDV) n’a été documentée que dans des situations de contacts étroits et prolongés, ce qui suggère une contagiosité limitée. L’hypothèse de travail privilégie une exposition initiale en Argentine, où le virus est endémique, suivie d’une transmission secondaire restreinte à bord du navire. Les mesures de contrôle mises en place (isolement, utilisation d’EPI et dépistage) sont jugées appropriées. Étant donnée la faible efficacité de transmission d’hantavirus des Andes entre humains et l’absence de son réservoir naturel de rongeurs en Europe, une propagation ultérieure dans l’UE/EEE est considérée comme improbable. L’ECDC conclut que le risque global pour la population générale dans l’UE/EEE est très faible.

Recommandations aux professionnels de santé :

Un DGS-Urgent a été transmis aux professionnels ce 11 mai.

Recommandations aux voyageurs :

A ce jour, le risque est faible pour les voyageurs. Pour rappel, l’OMS évalue actuellement le risque pour la population mondiale lié à cet événement comme faible et continue de surveiller la situation épidémiologique et de mettre à jour l’évaluation des risques.

Le diagnostic repose sur des analyses biologiques telles que la sérologie, permettant la recherche d’anticorps, ou la RT-PCR permettant la détection directe du virus.

Des opérations de contact tracing ont été engagées sur plusieurs trajets aériens internationaux, en particulier autour :

  1. D’un vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesburg, identifié comme un évènement d’exposition important. Huit ressortissants français non-croisiéristes ont notamment été identifiés comme contacts d’un cas confirmé sur ce vol
  2. D’un vol entre Johannesburg et Amsterdam. 14 personnes ont été identifiées comme contacts d’un cas confirmé sur ce second vol.

Les personnes contacts à haut risque font l’objet d’une surveillance active et ce pendant quarante-deux jours après leur dernière exposition (réévaluation à partir de 15 jours). Cette surveillance comprend un suivi rapproché par les autorités sanitaires et une quarantaine stricte dans un établissement hospitalier de référence, placées en isolement renforcé et bénéficieront d’investigations complémentaires, notamment PCR et sérologies réalisées par les laboratoires de référence.

La situation fait l’objet d’un suivi étroit par les autorités sanitaires françaises.

Les autorités françaises suivent avec attention la situation en coordination étroite avec l’Union européenne et l’OMS.

Au niveau national, la situation sanitaire est étroitement suivie en interministériel et par le Centre de crises sanitaires du ministère chargé de la Santé, les ARS, SpF, les hôpitaux de référence, l’AP-HP et l’Institut Pasteur.

Toute personne exposée à un cas confirmé ou probable d’hantavirus Andes, pendant la période où le cas était contagieux, par des contacts avec des sécrétions respiratoires, de la salive, du sang ou d’autres fluides corporels, directement ou via des surfaces (fomites), notamment :

  • Contact physique direct, y compris une exposition à la salive ou à d’autres fluides corporels (par exemple : soins prodigués, contact intime, partage d’un lit, etc.) ;
  • Exposition à proximité immédiate, définie comme le fait d’être à moins de 2 mètres pendant plus de 15 minutes cumulées (par exemple : interactions en face à face, repas partagés ou autres rassemblements sociaux) ;
  • Exposition dans des espaces clos ou partagés (par exemple : cabine partagée sur un navire, proximité de sièges dans un avion, etc.) ;
  • Exposition non protégée en milieu de soins, notamment lors de la prise en charge de patients, ainsi que toute exposition en laboratoire.

Personnes ayant eu une ou plusieurs des expositions suivantes avec un cas probable ou confirmé d’hantavirus Andes :

  • Partage de la même cabine qu’un cas dans le bateau de croisière ;
  • Partenaires intimes ou personnes ayant eu un contact physique direct avec un cas ;
  • Partage d’une une salle de bain ou un espace de sommeil avec un cas ;
  • Un contact à environ 2 mètres ou moins pendant une durée prolongée (plus de 15 minutes cumulées), en particulier en intérieur ;
  • Partage de repas, interactions sociales prolongées avec un cas, de soins médicaux ou des activités de prise en charge ;
  • Personnels de santé ayant eu une exposition non protégée ;
  • Personnes exposées lors de procédures médicales génératrices d’aérosols ;
  • Occupation d’une place dans un avion avec un cas confirmé ou probable ;
  • Équipage de cabine ou personnel de transport.
  • Manipulation du linge, des vêtements, des déchets médicaux ou des fluides corporels contaminés sans équipement de protection individuelle (EPI) adapté.

Personnes sans interaction directe ou prolongée connue avec un cas probable ou confirmé d’hantavirus Andes, notamment :

  • Personnes rapportant des contacts brefs en transit ou dans un port ;
  • Personnes partageant de grands espaces en plein air sans interaction prolongée ;
  • Personnels de santé ayant utilisé un EPI adapté tout au long de l’exposition.

Un cas suspect est défini comme :

  • Toute personne ayant partagé ou fréquenté un moyen de transport où un cas confirmé ou probable d’hantavirus des Andes a été signalé ou toute personne ayant été en contact avec un passager ou un membre d’équipage du MV Hondius depuis le 5 avril
  • ET présentant (ou ayant des antécédents de) fièvre aiguë ET l’un des symptômes suivants : douleurs musculaires, frissons, maux de tête, symptômes gastro-intestinaux (par exemple : nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales) ou respiratoires (par exemple : toux, essoufflement, douleurs thoraciques, difficulté à respirer) dans un délai de 42 jours après sa dernière exposition (réévaluation à partir de 15 jours).

Un cas probable est :

  • Une personne présentant les signes et symptômes d’un cas suspect
  • ET ayant un lien épidémiologique connu avec un cas confirmé ou probable d’hantavirus des Andes

Un cas confirmé est un cas pour lequel un diagnostic d’infection par un Hantavirus a été confirmé par PCR ou par sérologie.

Non, toutes les mesures de protection ont strictement été appliquées par le personnel en charge d’évacuer les ressortissants français.

Parmi les 5 croisiéristes rapatriés en France, l’une d’entre elle, symptomatique et positive à l’hantavirus est hospitalisé en isolement au sein de l’établissement de santé de référence REB (Risque Epidémique et Biologique). Comme cela a été dit par le Premier ministre, elle se trouve dans un état grave mais stable.